Les sueurs nocturnes chez l’homme sont souvent banalisées ou attribuées à la chaleur de la chambre. Pourtant, une transpiration nocturne persistante, surtout si elle trempe les vêtements ou perturbe le sommeil, mérite une attention médicale. Certaines causes sont bénignes, d’autres signalent une pathologie à traiter.
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Causes fréquentes de sueurs nocturnes chez l’homme
1. Hyperhidrose primaire
L’hyperhidrose nocturne peut être une manifestation d’une hyperhidrose primaire généralisée. Contrairement à l’hyperhidrose focale (mains, aisselles) qui s’arrête pendant le sommeil, certaines formes d’hyperhidrose peuvent déclencher une sudation nocturne. Si vous transpirez aussi beaucoup pendant la journée aux aisselles/mains/pieds → hyperhidrose primaire probable.
2. Andropause et baisse de testostérone
La baisse progressive de testostérone qui survient après 45-50 ans peut provoquer des bouffées vasomotrices et des sueurs nocturnes chez l’homme, à l’image des bouffées de chaleur de la ménopause chez la femme. Ce syndrome est connu sous le nom de « déficit androgénique lié à l’âge » (DALA). Il s’accompagne souvent de : fatigue, diminution de la libido, changements d’humeur. Bilan : dosage de la testostérone totale matinale (normal > 11 nmol/L).
3. Syndrome métabolique et diabète
L’obésité abdominale, l’insulinorésistance et les hypoglycémies nocturnes chez les diabétiques ou prédiabétiques peuvent provoquer des sueurs nocturnes. Mécanisme : hypoglycémie → libération d’adrénaline → sudation. Bilan : glycémie à jeun + HbA1c + mesure glycémique nocturne si pertinent.
4. Alcool et sueurs nocturnes
La consommation régulière d’alcool — même modérée — pertube le sommeil et déclenche des sueurs nocturnes : le foie métabolise l’alcool pendant le sommeil (chaleur exothermique) + hypoglycémie réactive nocturne. Si les sueurs nocturnes surviennent systématiquement les nuits suivant une consommation d’alcool → réduire la consommation.
5. Apnée du sommeil
Le syndrome d’apnée obstructive du sommeil (SAOS) est fortement associé aux sueurs nocturnes chez l’homme (prévalence du SAOS chez l’homme > 50 ans : 15-30 %). Mécanisme : les efforts respiratoires lors des apnées activent le système sympathique → sudation. Signes associés : ronflement, réveils avec sensation d’étouffement, somnolence diurne. Dépistage : polysomnographie ou oxymétrie nocturne.
6. Causes médicales graves à ne pas manquer
- Lymphomes : sueurs nocturnes profuses (trempant les draps) + fièvre + perte de poids = « symptômes B » → bilan hématologique urgent.
- Tuberculose : sueurs nocturnes + toux + asthénie.
- VIH : sueurs nocturnes dans certains stades.
- Phéochromocytome : tumeur surrénalienne sécrétant adrénaline → sueurs + HTA paroxystique + céphalées.
Quand consulter en urgence ?
Consultez rapidement un médecin si les sueurs nocturnes sont accompagnées de :
- Fièvre persistante > 38°C (surtout vespérale)
- Perte de poids significative non voulue (> 5 kg en quelques semaines)
- Ganglions palpables (cou, aisselles, aine)
- Toux persistante inexpliquée
- Fatigue extrême non expliquée par le mode de vie
Optimiser l’environnement de sommeil
En attendant ou en complément du bilan médical :
- Chambre à 17-19°C (pas 20-22°C)
- Draps en coton ou lin (polyester = imperméable à la vapeur)
- Pas d’alcool les 3h avant le coucher
- Pas de repas chaud ou épicé le soir
- Réduire le surpoids si présent (améliore l’apnée et le syndrome métabolique)
Quel médecin consulter ?
Parcours recommandé :
- Médecin traitant en première intention : bilan biologique (NFS, TSH, glycémie, testostérone) + évaluation clinique.
- Endocrinologue : si suspicion DALA (déficit en testostérone) ou syndrome métabolique.
- Pneumologue / somnologue : si suspicion apnée du sommeil.
- Dermatologue : si hyperhidrose primaire nocturne à traiter.
Sur ce sujet / Pour en savoir plus :
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Les informations de cet article sont à visée pédagogique et ne remplacent pas un examen médical. Sources : Haute Autorité de Santé (HAS), Société Française d’Endocrinologie (SFE), Société Française de Pneumologie (SFP), ANSM.