Hyperhidrose et marathon/trail ultra : gérer la transpiration excessive sur longue distance

Les marathoniens et trailers avec une hyperhidrose font face à un double défi : la sudation liée à l’effort est naturelle et nécessaire, mais si elle est excessive dès le départ, elle aggrave les problèmes cutanés, la déshydratation et l’impact psychologique de l’hyperhidrose. Voici des stratégies concrètes pour courir long sans subir.

Hyperhidrose et sport : gestion générale

Hyperhidrose + trail : les vrais risques sur longue distance

Sur une course longue (marathon, ultra-trail 50-100 km+), l’hyperhidrose amplifie des risques spécifiques :

  • Déshydratation accélérée : les hyperhidrotiques peuvent perdre 2-3× plus d’eau et de sel que la normale. Sur 8-24h de course, cette perte saline augmente le risque d’hyponatrémie (dilution du sodium sanguin par surcompensation hydrique).
  • Frottements et ampoules majorés : la peau moite aux pieds et à l’entrecuisse macère dans les chaussettes/cuissards → ampoules à répétition, intertrigo (rougeur/irritation des plis). Sur 100 km, une ampoule peut devenir invalidante.
  • Hypothermie en cas de vent ou de nuit : une transpiration excessive + vêtements saturés + descente de température nocturne → risque d’hypothermie mal évalué par les hyperhidrotiques habitués à avoir chaud.
  • Mains qui glissent sur les bâtons : les hyperhidrotiques palmaires voient leurs mains glisser sur les bâtons de trail, perturbant l’équilibre en descente.

Stratégie hydration et sel pour hyperhidrotiques

Les recommandations standard d’hydratation sont conçues pour des sudeurs normaux. Un hyperhidrotique doit adapter :

  • Sel en complément : les pertes sodiques élevées → complémenter en sel (pastilles de sel de sport ou bouillon salé aux ravitaillements) pour maintenir l’osmolalité.
  • Pas de sur-hydratation : boire à la soif, pas systématiquement. L’hyponatrémie d’effort est souvent provoquée par une sur-hydratation chez les coureurs lents (trop de temps → trop bu → sodiques dilués).
  • Électrolytes complets : sodium + potassium + magnésium (pertes importantes en sueur profuse). Gels avec électrolytes plutôt que gels sucres seuls.

Équipement adapté pour les pieds

  • Chaussettes double-couche (Drymax, Wrightsock) : la couche interne absorbe la transpiration et la transfère à la couche externe, réduisant les frottements directs. Recommandées pour les hyperhidrotiques en trail long.
  • Chaussures breathable gore-tex révisée : paradoxalement, pour les ultra en conditions non-pluvieuses, une chaussure non-waterproof très respirante évacue mieux la vapeur d’eau des pieds que le gore-tex (imperméable dans les 2 sens).
  • Anti-frottement préventif : Bodyglide, Vaseline ou poudre de talc sur les zones de macération avant le départ.
  • Iontophorèse pré-course : une séance d’iontophorèse 48h avant la course peut réduire la sudation plantaire pendant 5-7 jours. Technique préventive pour les raids importants.

Mains moites et bâtons de trail

  • Gants techniques anti-dérapants (gloves de VTT ou escalade) si les bâtons glissent en descente.
  • Grip silicone autocollant sur les poignées de bâtons.
  • Injection de botox aux paumes 2-4 semaines avant une course importante : réduction de 70-90 % de la sudation palmaire pour 4-6 mois.

Soins à prévoir aux ravitaillements

Pour un ultra (>80km), prévoir dans votre sac de ravitaillement :

  • Chaussettes de rechange sèches (changement à mi-course recommandé pour les hyperhidrotiques)
  • Poudre d’anti-friction ou talc
  • Pastilles de sel
  • T-shirt de rechange (sueur cristallisée + sel = irritations cutanées)

L’hyperhidrose peut-elle s’améliorer avec l’entraînement sportif régulier ?

Contre-intuitif mais documenté : les athlètes entraînés commencent à transpirer PLUS TÔT et PLUS (le corps est entraîné à thermoréguler efficacement). L’entraînement régulier n’améliore donc pas l’hyperhidrose primaire. Il améliore en revanche la tolérance à la sudation (l’athlète habitué à transpirer développe moins d’anxiété liée à la transpiration) et optimise l’efficacité de la sueur (plus d’eau, moins de sel → meilleure thermorégulation à volume sudoral égal).

Sur ce sujet / Pour en savoir plus :

Les informations de cet article sont à visée pédagogique. Pour une guidance personnalisée en médecine du sport, consultez un médecin sportif. Sources : Société Française de Médecine du Sport (SFMS), Haute Autorité de Santé (HAS), Journal of the American Academy of Dermatology (JAAD).

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